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BD, Littérature, et autres...
Je suis libraire à Paris et passe mon temps à parler de romans et de BD que j'apprécie quelque soit le genre. Je continue ici parce que vraiment j'adore ça !
Elvio est un petit fonctionnaire minable et terne. Il vit seul avec sa mère qu’il affame afin d’acheter une poupée de porcelaine pour laquelle il éprouve un amour
et un désir pervers et obsessionnel.
Mais surtout, Elvio est le fils d’un héros de la patrie, un colonel de la junte militaire qui torturait les opposants au régime dictatorial qui sévit en Argentine
de 1976 à 1983. L’héritage est lourd, les souvenirs vont refaire surface.
Le récit commence comme une farce grotesque avant de sombrer rapidement dans l’horreur, Elvio devient inquiétant. Le graphisme coloré et bon enfant évolue à mesure
que le malaise s’installe, jusqu’à certaines scènes à la limite de l’insoutenable.
Les deux auteurs argentins évoquent brillamment le traumatisme de la dictature argentine, avec cet album engagé, puissant et corrosif où la tragédie familiale se
mêle à la dénonciation de l’horreur.
A
17 ans, Chris suit un cursus scolaire classique, il vit heureux dans une famille soudée et confortable à Brest. Du même âge, Eric prépare un CAP couture à Perros-Guirec, les jours de son père son
compté et sa mère se perd dans l'alcool.
Tout les sépare mais lors d'un tournoi de ping-pong une amitié inattendue va naître. Les deux jeunes hommes vont rapidement devenir inséparables. Tout bascule avec
la mort du père d’Eric. Sa vie va en être bouleversée et immanquablement leur amitié va évoluer.
Kris et Eric T. n'inventent rien, ils retranscrivent et commentent, tour à tour et avec beaucoup de recul, leurs souvenirs et leurs sentiments du moment.
Par un trait vif et une trichromie impeccable, Nicoby pose un regard distancié sur une histoire très personnelle dont il fait ressortir toute l’universalité.
Premier volet d’un diptyque, Les ensembles contraires est un récit riche en émotions fortes sur les tribulations d’une Grande Amitié face au temps et aux
incertitudes de la vie.
Un policer interroge trois individus à tour de rôle
sur une affaire tordue qui implique Casquette et Bonnet (deux mystérieux amis), Sac À Main (petite amie de Bonnet), Barbiche (détective privé), Cheveux Court (coéquipière de Barbiche), Cravate
(galeriste) et Batman (ami de Cravate).
Une trame policière sur une histoire de tableaux, de détectives et d’adultère qui sert de prétexte à un regard décalé sur l’Art et à un jeu narratif
complexe.
Ruppert et Mulot confirment leur goût pour l’expérimentation et leur talent pour inventer de nouvelles formes de narration.
Ici, ils alternent entre de longues scènes d’action muettes et de grandes cases statiques d’interrogatoires bavards.
Ils incitent ainsi le lecteur à participer au dynamisme de l’album, ainsi qu’à l’enquête. Comme pour leurs quatre précédents ouvrages, ils rendent le lecteur acteur
autant que spectateur et produisent une œuvre incontournable et inimitable.
A la mort de son père, le jeune Maxwell découvre que
celui-ci entretenait une passion secrète pour un super-héros obsolète des années 30 : Le Maître de l’évasion.
Pour rendre hommage à son père, il décide d’acheter les droits et de refaire vivre ce héros dans des histoires qu’il scénarise, avec les illustrations et le
lettrage de ses amis Case et Denny. Les trois compères étaient loin d’imaginer le combat à mener dans le monde sans pitié de l’édition de comics.
Inspiré du célèbre roman de Michael Chabon Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay (Prix Pulitzer 2001), cet ouvrage est profondément
original à plus d’un titre.
D’abord, la mise en abîme d’une bd qui raconte la création d’une bd, elle-même hommage à un super-héros de bd, le tout inspiré d’un roman, on ne voit pas ça tous
les jours.
Ensuite, Vaughan réalise une critique intelligente de la jungle éditoriale américaine et c’est encore plus rare. Une histoire de super-héros peu conventionnelle,
réaliste et fascinante.